Le soin

Dans les conditions d’anonymat, seule votre copie parle pour vous. Un commentaire composé doit être propre, avenant et agréable à lire.

Utilisez de préférence un stylo plume (et surtout pas de stylo Bic ou de feutre épais). Utilisez le moins possible l'effaceur ou le correcteur liquide et évitez les ratures. Barrez et soulignez à la règle. Écrivez lisiblement (ni trop petit, ni trop gros, ni avec une encre trop claire).

Sur les petits carreaux d’une copie d’examen, sautez des lignes. Le jour de l'examen, remplissez correctement les références de votre copie, nombre de pages compris.

Justifiez votre texte (en respectant le régularité des marges à gauche comme à droite) pour éviter un effet de "vagues". Pour cela veillez à couper correctement les mots en syllabes en fin de ligne (notamment en cas de consonnes redoublées).

 

Les conventions de l'écrit

Les chiffres doivent être écrits en toutes lettres (à part les dates). Un siècle se note : XXe siècle (et non 20e siècle ou XXème siècle).

Les titres doivent être soulignés à la règle. Il faut distinguer les titres d’œuvres (soulignés) et leurs parties (entre guillemets) : Les Fables, « Le Loup et l’Agneau ». Il faut distinguer Phèdre (œuvre) et Phèdre (personnage). Le premier substantif du titre doit porter une majuscule : Les Fleurs du mal ou Les Raisins de la colère (pour permettre une utilisation plus souple : l'auteur des Fleurs du mal). Notez qu'en typographie les œuvres ne sont pas soulignées mais en italique (Phèdre).

Insérez correctement vos citations :

  • n’oubliez pas les guillemets et idéalement les numéros de ligne ou de vers (l. 5 ou v. 5)
  • limitez toujours la citation au strict nécessaire (les longues citations ne sont que du remplissage) : un mot, une expression, éventuellement une courte phrase ou un vers.
  • ne répétez pas la citation, mais insérez-la dans votre phrase : le loup l’accuse de « troubler [sa] boisson »
  • tronquez-la citation si nécessaire (« Le Loup l’emporte […] de procès »)
  • si vous citez plusieurs vers, séparez-les ainsi : « le mange/sans autre forme de procès »

Un exercice de réflexion doit se présenter comme objectif : pas de première personne du singulier ou d’expression d’un jugement personnel, même positif (« un génie de la littérature », « un style magnifique » etc.) souvent interprétées comme une volonté maladroite de flatter le correcteur. Seule la qualité de votre analyse doit permettre de mettre en valeur les qualités du texte.

La qualité de la rédaction

L'E.A.F., quel que soit l'épreuve ou le type de sujet, est avant tout un exercice de français en français.

Veillez à toujours prévoir du temps ou à rester si vous avez terminé en avance pour relire votre copie.

A éviter notamment :

- les fautes (inadmissibles) portant sur des termes recopiés du sujet ou des textes étudiés.

- les fautes d'orthographe ou de syntaxe élémentaires  : *enfaite > en fait, *malgrès > malgré *quatres > quatre. Les fautes d'accord  trahissent la négligence des élèves, (*tout les etc.). Ne pas confondre « l'emploi » et « l'auteur emploie ».

- les fautes inadmissibles portant sur le lexique d’analyse littéraire : l'absence d'accent circonflexe à théâtre, l'erreur d'accent à poème (confondu avec le parfum Poême de Lancôme) ; *tiercé > tercet, *quatrin > quatrain, *alexandrain > alexandrin, balade > ballade, le discour > le discours, un *therme > un terme, le *champs > le champ, la *méthaphore > la métaphore, une *alittération > une alliration, une *assonnance > une assonance, une *graduation > une gradation, un *personage > un personnage, une *personification > une personnification, *dévelloper > développer, la *satyre > la satire, un *receuil > un recueil, une *synecdote > une synecdoque, un *héro > un héros, *phylosophique > philosophique, *humouristique > humoristique, le publique > le public, *éthymologie > étymologie etc.

L'alexandrin, s'il ressemble au prénom Alexandre, ne prend pas pour autant de majuscule.

- les expressions familières, même entre guillemets.

- Les expressions

- les barbarismes : *l'inversement (> l'inversion), *l'excessivité (> l'excès), *l'éphémérité (> le caractère éphémère, la fugacité), *le désintéressement (> le désintérêt), *la ridiculisation d'un personnage (> un personnage tourné dérision), *la dominance (> la prédominance).

- les anglicismes : *default > défaut, le *language > le langage, un *model > un modèle, une *address > une adresse.

- les solécismes : « Ironiser » ou « argumenter » sont des verbes intransitifs > on ironise ou on argumente tout court (sinon railler qqun, se gausser de qqun, se rire de qqun, tourner qqun en ridicule etc. ; apporter des arguments à une thèse, étayer une thèse). « Un éloge » et non « une éloge » et inversement « Une échappatoire » et non « un échappatoire » ; « un oxymore » et non « une oxymore » ; « une hypallage » et non « un hypallage ». Une image est négative et un terme ou une expression est péjorative.

On parle de paragraphes dans un texte en prose et de strophes dans un texte en vers.

Proscrivez les pénibles expressions psycho-médiatiques : « se focaliser », « sensibiliser », « victimiser », « au niveau de », « au point de vue », « suite à », « se baser sur », « avoir un impact sur », « délivrer un message », « lister », « interpeler », « produire une ambiance », « au final », « à la base », « se baser sur », « le vécu », « le ressenti », « sa vérité », « s'évader », « culpabiliser », « de façon très directe », « clôturer », « le choc », « sublimer » (TopChef...), « jouer sur » etc.

Évitez l'expression familière « un côté divin » : parlez plutôt d'aspect divin, de caractère divin ou de dimension divine.

En général, quand les élèves emploient l'adverbe « clairement », c'est que les choses ne sont pas comprises ou pas expliquées.

Proscrivez les emplois impropres : décrédibiliser (une thèse) au lieu de discréditer (quelqu'un) ; illusionner quelqu'un > tromper quelqu'un (on peut en revanche s'illusionner soi-même) ; un thème récurant (= qui récure ou nettoie bien) > un thème récurrent (qui revient souvent).

Évitez les expressions clichés ou vides de sens : « accentuer un comportement », « amplifier un effet », « procurer des émotions », « marquer le lecteur », « rendre le texte plus vivant ».

Évitez les futurs narratifs employés dans les reportages télévisés (« Corneille va écrire ensuite des tragédies classiques. Il deviendra rapidement célèbre. »).

Employez les mots ou les expressions qui conviennent : non pas « lister » mais énumérer ; une œuvre ne se nomme pas, mais « s’intitule ». Ce n’est pas le titre qui est « éponyme », mais le personnage. « pathétique » signifie « émouvant » et et pas seulement « pitoyable », « une description » et non « un descriptif » etc. La description d’un personnage est un « portrait ». Aux termes vagues comme « écrivain », « auteur », « texte » ou « pièce », « poème », préférez les termes précis (« fabuliste », « romancier », « conteur », « dramaturge » ; « comédie », « tragédie », « drame », « sonnet »). N’employez le terme « narrateur » que pour un récit ; pour un poème, employez les termes « poète » ou « locuteur », « vers » et non pas « lignes ». Dans une pièce de théâtre ne confondez pas « monologue » et « tirade », et employez bien le terme « répliques » au lieu de « paroles ». On ne parle pas de « paranormal », mais de « surnaturel ». On ne dit pas « des poésies » mais « des poèmes ». L'adjectif « mélioratif » s'emploie pour un terme ou une expression, et pour rien d'autre.

Parmi les expressions à la mode chez les élèves, le plus souvent de façon dépourvue de sens : « mettre en avant » (souvent mis pour présenter ou souligner), « appuyer une idée ». L'adverbe « clairement » est non seulement inutile mais trahit souvent une certaine confusion du candidat.

Ne pas confondre :

- « sensations », « émotions » et « sentiments » : les sensations renvoient au cinq sens (toucher, odorat, vue, ouïe, goût), les émotions à ce que l'on éprouve brutalement (sous le coup de l'émotion) et les sentiments à ce que l'on éprouve dans la durée.

- « idéal »/« idéaliste » : un monde « idéal » (utopique, parfait) et un personnage « idéaliste » (animé par un idéal, chimérique ou non).

Évitez les expressions-catalogue du type « il y a », « on trouve », « nous avons ». Signe de paraphrase également : « l’auteur dit que ». Évitez les répétitions, recherchez toujours la concision.

Tic des élèves : « de par » souvent employé de façon un peu ridicule.

Proscrivez les inversions du sujet et les points d’interrogations dans les interrogatives indirectes. Exemple : *Il convient de se demander comment le romancier renouvelle-t-il la scène de séduction ? > Il convient de se demander comment le romancier renouvelle la scène de séduction.

Ne citez jamais une figure de style sans l’interpréter (par exemple une comparaison suppose un comparé, un comparant, un outil de comparaison, un point de comparaison, mais surtout un effet).

Le musée des horreurs

Une syntaxe ou une orthographe déficiente peuvent parfois faire dire aux élèves le contraire de ce qu'ils veulent dire : « Le narrateur décrie le mode de vie des habitants » (décrier = critiquer vivement) et « Le narrateur décrit le mode de vie des habitants » (décrire).

Pot-pourri de fautes trouvées dans les copies du bac 2016 :

L’Ilyade est interressante par de nombreux aspets. En éffet, le héro est ambicieux, percévérant, intélligent et plein d’ésprit : cepandant, comme il est meillieur, il fera fasse à ses énemis et se battera. L’immensiter de sa vertut sans défault est éloquante, sa beautée vaut d’être élogée. Nous analiserons içi - avec rigeur – comment sa gradieuseté assendante s’inserre dans les quattres grots écris d’Omère. L’écrivaint réucit à pérsuader ses oditeurs car sa thése est accès sur la supérioritée de son courrant. Ainssi le registre élégique est amélioratif et relaxaçant, celon la complexivité de chacuns.