Consacrez un bon quart d'heure à la rédaction au brouillon de votre introduction.

Il ne faut surtout pas croire que l'introduction est une partie secondaire du commentaire. L'introduction permet à l'examinateur d'apprécier dès le départ l'intelligence et la pertinence de votre travail. C'est la première impression que vous produirez sur le correcteur, elle ne doit surtout pas être négligée ou improvisée à la hâte et au dernier moment.

L’introduction, comme la conclusion, doit être rédigée soigneusement au brouillon à la fin de votre réflexion sur le texte, au bout de deux heures ou un peu plus. Elle consiste en un paragraphe unique, au sein duquel on peut observer cinq étapes (idéalement cinq phrases) : l'introduction indique d’emblée à l’examinateur si le candidat a des connaissances de culture personnelle (1), des compétences de synthèse (2), de compréhension littéraire (3), d’analyse (4) et de méthode (5). Idéalement une phrase pour chaque étape doit pouvoir suffire, sauf exception.

Vérifiez que vous ne vous répétez pas et que vos phrases ont un sens et sont facilement compréhensibles. Cherchez la simplicité dans la rédaction.

1) La présentation du contexte, de l'auteur et de son œuvre

Elle doit partir d'une considération générale (contexte historique, littéraire, artistique ou éventuellement biographique) mais pertinente, c’est-à-dire autant que possible en rapport avec le texte étudié. Précisez brièvement l’esthétique à laquelle il se rattache éventuellement, la date de parution et éventuellement les conditions de sa réception (anonyme, posthume, scandaleuse, triomphale etc.) mais surtout le genre littéraire de l’œuvre étudiée avec un très bref résumé si l’œuvre est narrative (Ex : Madame Bovary, roman paru en 1857, relate les adultères d’une bourgeoise de province) ou un résumé des thèmes principaux si l’œuvre est poétique (Ex : Alcools, recueil de poèmes paru en 1913, évoque la souffrance amoureuse, la mélancolie, l’enfermement en prison).

Par convention, présentez le texte comme s'il était inconnu du correcteur : ne jamais commencer par "Ce texte" ou "Le poème que nous étudions" etc.

Sur table, si vous ne connaissez ni l'œuvre ni l'auteur, vous ne pourrez pas les présenter. Mais notez bien qu'on peut souvent déduire des éléments du texte ou du paratexte le genre littéraire ou le mouvement esthétique de l'œuvre.

2) La situation du passage ou du texte

Contrairement à l'épreuve orale, elle n’est pas toujours possible lors de l’épreuve écrite de l'examen (s’il s’agit par exemple ou d’une œuvre fragmentaire, comme un poème, ou si vous ne connaissez pas le texte).

Notez malgré tout qu’à l’examen, des indications précieuses pour la situation du passage (et pour la question sur le corpus et pour le commentaire) vous sont données en première page du sujet : l’acte V d’une tragédie constitue en principe le dernier acte. Or on ne commente pas de la même manière un texte selon qu’il commence une œuvre, qu’il la finit, qu’il relate un moment décisif de la narration (mort d’un personnage, coup de théâtre etc.) ou prépare au contraire la narration.

Si vous connaissez l’œuvre, résumez brièvement la situation (toujours en imaginant par convention que vous vous adressez à quelqu’un qui ne connaît pas l’œuvre) en allant du général au particulier (Ex : Après avoir épousé Gervaise au début du roman, le zingueur Coupeau, après une chute d’un toit, ne travaille plus et s’adonne à l’alcool : dans le chapitre IX, un soir que Gervaise rentre avec Lantier, son ancien amant, elle découvre Coupeau ivre et couvert de vomissures dans le lit conjugal).

Si la situation a une importance particulière dans l’ensemble de l’œuvre, soulignez-le.

3) La progression du texte (facultatif)

Cette étape est facultative mais fortement recommandée, au moins pour votre réflexion sur le texte.

Qu’il s’agisse d’un sonnet, d’un extrait de comédie ou de roman, le texte suit généralement un mouvement qu’il faut décomposer en plusieurs étapes (généralement deux, trois ou parfois quatre temps). Attention : le mouvement ne correspond pas toujours à la forme du texte (paragraphes ou strophes). Le mouvement montre si la compréhension littérale - voire la compréhension fine) du texte est bien acquise, et permet parfois, en dessinant une opposition ou une contradiction entre les étapes, de dégager une problématique.

4) Le projet de lecture (ou la problématique)

Elle indique la voie suivie ou pose le problème qui justifie aux yeux du correcteur l’étude du texte : elle est donc essentielle. Il s’agit de dégager de l’observation du texte une contradiction, une opposition à laquelle les étapes du plan répondent progressivement. Elle est généralement formulée sous forme de question.

Pour perfectionner : sans être vague une problématique, pour créer une attente de lecture, ne dévoile pas entièrement la réponse, qui sera apportée par la conclusion.

5) L’annonce du plan, si possible en trois parties

Le plan est la réponse organisée à la problématique. C'est grâce à cette annonce que le lecteur-examinateur peut par la suite se repérer dans votre devoir.

Évitez les annonces trop scolaires (« Le plan sera le suivant », « Nous allons étudier deux grands axes »).