Pendant les deux heures (pas moins) ou deux heures et demie (pas plus) consacrées au brouillon, déterminez d'abord, si elle existe, la progression du texte : quelles étapes le texte suit-il (et quel titre on pourrait donner à chacune) ? Cette étape vous permet d'aborder le texte avec un certain surplomb, souvent très utile.

Soulignez, surligner, annotez le texte en adoptant des couleurs vous permettant de faire des liens entre des observations qui se rejoignent ou s'opposent : un texte sans aucune annotation ne laisse présager rien de bon.

Sur des feuilles de brouillon, notez vos observations, tâchez de les regrouper (en général, une observation intéressante en appelle d'autres dans le même sens dans un texte) afin de préparer progressivement l'élaboration d'un plan. En tirant un fil, on arrive souvent à détricoter tout ou partie d'un texte.

Définir un projet de lecture

Tout texte, pour peu qu’il soit littéraire, manifeste une singularité, une particularité qu'il convient de découvrir, en analysant le texte, et d'énoncer sous forme de problème (ou problématique) auquel le commentaire composé apporte une réponse en plusieurs temps (en plusieurs parties).

Définir un projet de lecture ou dégager une problématique, c'est donner un sens, une direction à l'étude littéraire d'un texte. La problématique doit mettre en évidence la singularité, l’originalité du texte étudié par rapport aux modèles sur le même sujet par exemple. Pour la dégager, il s’agit donc de trouver au sein du texte des éléments contradictoires ou bien qui apportent un écart par rapport à des attentes de lecture (dans une scène conventionnelle ou un topos littéraire par exemple).

La progression du texte permet parfois également de dégager une problématique.

Il faut de préférence écarter toutes les problématiques vagues, générales, applicables à l’ensemble de l’œuvre, d’un genre, d’un mouvement esthétique. Quelques exemples de fausses problématiques : « En quoi ce sonnet est-il poétique ? en quoi cette scène est-elle réaliste ? qu’est-ce qui fait de cette scène une scène d’exposition ? » etc. Par exemple, une question du type « En quoi ce poème est-il baroque ? » ne peut correspondre à une problématique, puisqu'elle nie toute spécificité, toute particularité propre du texte, ne faisant que le faire se conformer à une esthétique et ressembler à d’autres textes.

Évitez les problématiques psychologisantes, philosophiques ou sociologiques, hors-sujet puisque sans rapport avec l'étude d'une forme littéraire. Ex : « Pourquoi le héros, si gai au départ, devient-il triste ? » ou « Pourquoi les hommes sont-ils mauvais ? ».

Idéalement, sans être trop vague et évasive, le projet de lecture ne doit pas non plus tout dévoiler dans l’introduction, afin de susciter la curiosité du correcteur. A cet effet, il revêt habituellement la forme d’un questionnement, direct ou indirect.

Elaborer un plan

Le plan s’élabore à partir des éléments d’analyse, selon deux exigences : apporter une réponse à la problématique, mais également maintenir l’intérêt du correcteur. Commencez par la partie la plus faible : finir par la plus faible laisserait à l'examinateur une impression d'ensemble négative.

Le plan suit une progression logique claire. Rien n'est pire que faire semblant de suivre un raisonnement logique, en utilisant des connecteurs logiques, alors qu'en réalité le développement ne suit aucune logique interne : il ne s'agit pas de faire semblant de penser, mais bien de penser !

Indiquez sur votre brouillon (en les entourant avec une couleur spécifique par exemple) les mots ou expressions qu'il vous semblera nécessaire d'analyser pendant la mise au propre.

Au début de chaque partie, une courte phrase d'introduction peut introduire votre propos et indiquer les sous-parties ("Dans un second temps nous observerons comment..., notamment parce que... mais également parce que... et enfin parce que").

Rédiger introduction et conclusion au brouillon

Une fois tous les éléments en place (progression, projet de lecture, plan), réservez jusqu'à une demi-heure pour rédiger au brouillon l'introduction et la conclusion.